F.S.U.

La situation vue par …

La situation en février 2018

mardi 27 février 2018
La situation début février 2018, vue par : les enseignants, les agents territoriaux, les personnels de l'éducation et du social, les corps relevant de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Par les enseignants

Selon l’INSEE, la perte cumulée de pouvoir d’achat du traitement brut des fonctionnaires s’établit à -9,2% depuis 2000. Concernant les enseignants plus précisément, leur rémunération décroche par rapport aux autres fonctionnaires de catégorie A : les professeurs certifiés et agrégés sont moins payés à niveau de qualification égale. Leur salaire annuel net global était en 2015 de 32 969 € contre 36 283 € (soit - 10,05 %) pour l’ensemble des cadres, enseignants compris.
Les comparaisons internationales restent défavorables pour la France. Le salaire des enseignants français est plus faible que celui des enseignants des pays de l’OCDE de niveau de développement comparable. Le ratio entre le salaire annuel moyen (primes et allocations comprises) d’un enseignant de collège en Allemagne et en France est de 1,61 et de 1,52 pour un enseignant de lycée.
Les premiers acquis du protocole PPCR amélioreront en partie cette situation. Cependant les insuffisances de ce dernier restent trop nombreuses pour enrayer le déclassement salarial des enseignants : insuffisance et étalement dans le temps de la revalorisation indiciaire, absence d’une garantie d’accès à la hors-classe de tous les collègues ayant parcouru la classe normale, volumes de promotion et modalités d’accès à la classe exceptionnelle inadaptés…
(janvier 2018)

Par les agents territoriaux

Les agents territoriaux sont les salarié.e.s les plus mal payé.e.s en France (source INSEE, janvier 2017).
Ils ont le salaire médian et le salaire moyen les plus faibles de l’ensemble du salariat en France, en deçà même du secteur privé.
En Catégorie C : Les documents fournis par le ministère de la Fonction Publique montrent que les agents territoriaux sont les plus touchés par l’absence d’un véritable déroulement de carrière qui reste lié au pouvoir discrétionnaire des employeurs locaux. Plus de 50% des agents de la catégorie C sont recrutés sur le 1er grade avec peu d’espoir d’augmentations de salaire, hormis les passages d’échelons. 65% d’entre eux restent toute leur carrière sur l’échelle C1 dont les premiers indices avoisinent le SMIC. Après 25 ans de carrière leur salaire est inférieur à 1600€ avec peu de perspective d’avancement.
Quelques exemples : seuls 10% des adjoints administratifs atteignent l’échelle C3 et moins de 1% pour les ATSEM et les agents sociaux et 6% pour les auxiliaires de puériculture qui doivent pourtant être recrutées par concours ! Ces professions essentiellement féminines sont particulièrement maltraitées.
En Catégorie B : Les salaires de " pied de grille " sont très faibles au regard de la qualification exigée. Par exemple un rédacteur recruté par concours au niveau BAC débute sa carrière avec un salaire de 1304,16€. Une assistante sociale qui débutait sa carrière en 1984 avec 1,3 SMIC commence aujourd’hui avec 1,07… soit une perte conséquente de plusieurs milliers d’euros sur une année.
En Catégorie A : L’absence de reconnaissance des qualifications et des responsabilités provoque un tassement des rémunérations et un manque d’attractivité pour celles et ceux qui voudraient " embrasser " une carrière dans la FPT. Cette situation est aussi un frein pour la mobilité entre les différents secteurs de la Fonction Publique. Le salaire de début de carrière d’un attaché est inférieur à 1500€, alors que le niveau de recrutement se situe au niveau d’un BAC+3. ( janvier 2018 )

Par les personnels de l’éducation et du social.

En ce qui concerne l’indiciaire, l’application de PPCR a permis, notamment pour les catégories A, la création d’un troisième grade et un alignement sur la grille indiciaire des attaché-es. Pour la catégorie B de la filière socio-éducative, le report de PPCR a entraîné de fait celui du passage en catégorie A pourtant promulgué le 10 mai 2017. Cela a une incidence assez forte, notamment pour les personnels proches de la retraite, qui ne bénéficieront pas de l’accès à la catégorie A avant la fin de leur carrière. (en 2017, un.e éducateur.trice de 1e classe au dernier échelon est à l’indice terminal de 582 IM. Dans le cadre du passage en catégorie A, l’indice terminal aurait été 627 IM.) A la PJJ, le corps des chef.fe.s de service éducatif, déjà en catégorie A pâtit doublement de cette situation puisque dans le cadre de PPCR, les seuls gains indiciaires se sont faits dans le cadre du transfert prime/points. Pour les catégories C, le PPCR a permis de passer de quatre à trois grades. Pour autant, pour les personnels qui étaient déjà sur les deux grades les plus élevés, les gains indiciaires sont particulièrement faibles.
En ce qui concerne l’indemnitaire, l’application du RIFSEEP pour les corps communs en 2017 et les corps spécifiques en 2018, entraîne une hyper individualisation du régime indemnitaire des agents et un renforcement de la part du mérite dans le salaire. Exemple : Un personnel administratif exerçant dans une grande agglomération pourra s’il le souhaite profiter d’une mobilité fonctionnelle (sans pour autant avoir une mobilité géographique éloignée) et voir son régime indemnitaire augmenter tous les trois ans. A contrario, le même personnel exerçant dans un milieu rural, peu doté en services du ministère de la justice, devra nécessairement se plier à une mobilité géographique s’il veut voir son régime indemnitaire évoluer. A terme, ces deux mêmes agents, à égalité d’ancienneté, de corps et de fonctions, verront des différences significatives dans leur salaire. ( janvier 2018 )

Par les corps relevant de l’enseignement supérieur et de la recherche

Pour les corps relevant de l’enseignement supérieur et de la recherche, l’étude de la transposition du protocole PPCR a démarré trop tardivement et les discussions se sont malheureusement tenues dans des délais contraints. Nous actons les revalorisations et les meilleures perspectives de fin de carrière dont bénéficieront les enseignants-chercheurs, les enseignants-chercheurs praticiens hospitaliers et les professeurs de l’Ensam. Elles se réduisent cependant à l’adaptation a minima des dispositions décidées l’an dernier pour les professeurs agrégés. Le SNESUP-FSU a défendu ses revendications d’un indice sommital plus élevé des différents grades d’enseignants-chercheurs qui traduise financièrement la reconnaissance du doctorat et des missions de ces corps, ainsi que l’entrée tardive dans le métier, mais il n’a pas été entendu. Il continue à porter auprès du gouvernement la nécessité de transformer l’échelon spécial prévu en fin de hors-classe des maîtres de conférences en un 7e échelon accessible à tous sans nouveau barrage. Cette mesure n’aurait pas d’incidence financière puisque le ministère affirme que le contingentement de l’échelon exceptionnel à 10 % de l’effectif du corps permet son accès à tous les MC hors-classe, mais pour les enseignants-chercheurs, elle serait un premier signe de la reconnaissance de leurs qualifications.
( janvier 2018 )

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