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Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU

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Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU

mardi 10 octobre 2017

Les neuf fédérations de fonctionnaires se retrouveront le 10 octobre. Est-ce un signal fort ?
Nous sommes évidemment satisfaits d’avoir ainsi amené les neuf fédérations à se retrouver sur cette journée de grève et mobilisations.
C’est aussi le signe que les attaques sont fortes contre la Fonction publique. Les mesures négatives pour ses agents n’ont cessé de s’accumuler depuis l’arrivée du gouvernement : nouveau gel de la valeur du point d’indice alors que les fonctionnaires ont déjà subi près de 9 % de perte du pouvoir d’achat en sept ans, rétablissement du jour de carence, mesure injuste et inefficace, compensation partielle de la hausse de la CSG remettant en cause le financement de la sécurité sociale et de l’assurance chômage, une possible dé-corrélation de la valeur du point d’indice entre les trois versants de la Fonction publique et enfin remise en cause du calendrier PPCR qui trahirait l’engagement pris par l’État.
Tout cela impactera fortement le pouvoir d’achat de plus de 5,4 millions d’agents. L’annonce de 120 000 emplois supprimés dont 70 000 à la fonction publique territoriale s’ajoute à ces mesures.
Nous avions réussi à imposer au précédent gouvernement de rompre avec le gel du point et le versement d’une première revalorisation de 1,2 %, le gouvernement fait machine arrière.
C’est pourquoi la FSU a proposé dès le mois d’août ce rendez-vous unitaire le 10 octobre aux autres fédérations.

10 octobre : une unité inédite ?
Pendant dix ans les fédérations ont été divisées dans l’action. Aujourd’hui, la situation exige l’unité et c’est bon signe d’y être parvenu.
La journée du 10 octobre n’est pas pour la FSU une simple journée de témoignage du mécontentement des agents. Il s’agit de créer un rapport de force afin d’obtenir une réelle négociation salariale permettant une amélioration du pouvoir d’achat et une meilleure reconnaissance du travail, des qualifications et de l’engagement professionnel des agents.
Plusieurs études ont démontré que le coût de fonctionnement de l’État en France n’est pas plus important que dans les autres pays d’Europe.
En proportion du PIB la masse salariale a très peu progressé ces 35 dernières années. Elle représente 12,9 % du PIB en hausse de seulement 0,4 % depuis 1980. La ligne budgétaire veut satisfaire aux critères de déficit de 3 % du budget prôné par l’Europe et crée des mesures favorisant les actionnaires et les entreprises sans s’attaquer à la fraude fiscale et à l’évasion fiscale.
Les neuf fédérations ont été dans l’action ce 10 octobre pour refuser cette politique et imposer d’autres choix permettant une amélioration des salaires, des droits sociaux et un renforcement de notre modèle social.

Qu’en attendez-vous ?
Tout d’abord que le gouvernement entende nos revendications et ouvre de nouvelles discussions.
Dans cette période où se décide le budget, il s’agit aussi d’obtenir les moyens nécessaires pour que les agents puissent remplir leur mission de service public. La FSU a proposé et obtenu que les neuf fédérations se retrouvent après la journée du 10 pour en faire le bilan et décider des suites à y donner.
Jamais le besoin de faire du commun n’a été aussi fort. Pour la FSU cela passe par la promotion des services publics de qualité, répondant à tous les besoins de la population sur l’ensemble du territoire. Et ce sont les plus de cinq millions d’agents qui au quotidien assurent ces missions essentielles pour le développement et la cohésion du pays. C’est ce que la FSU portera dans les forums de l’action publique
organisés dès le mois de novembre par le ministre de l’action et des comptes publics.
Les enjeux économiques, sociaux, écologiques sont énormes. Une réelle réforme fiscale est indispensable pour assurer les investissements publics La Fonction
publique et ses agents doivent passer avant les intérêts du monde de la finance.

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